FUIR DAECH, L’EXIL INCESSANT D’HAÏFA ET DE SA FAMILLE IRAKIENNE

FUIR DAECH, L’EXIL INCESSANT D’HAÏFA ET DE SA FAMILLE IRAKIENNE
La militante Haïfa AYAD JAMEEL JEBRAEEL RASHO, réfugiée chrétienne avec sa famille irakienne à Beyrouth, Liban

Haïfa RASHO n’a pas eu d’autres choix que de fuir Daech. Il y a cinq ans, elle et sa famille irakienne ont quitté par leurs propres moyens l’Irak pour le Liban où ils se sont vus octroyer le statut de réfugiés par le UNHCR.

Un exil incessant à travers l’Irak puis au Liban

Haïfa parle de son exil incessant. Elle a 49 ans. Elle est mariée à Ayad Jameel Jebraeel. Le couple a trois enfants, Majid 14 ans, Mariam 13 ans et Marios 10 ans. Ils sont tous les 3 scolarisés. La famille vit dans un appartement collectif avec une autre famille réfugiée à Beyrouth. Elle paie un loyer mensuel de 525 dollars américains. Très pieuse et de confession chrétienne, elle a décoré son logement de fortune avec des images saintes..

Elle vient de Mossoul. Après l’invasion de sa ville par Daesh, elle et sa famille n’ont eut d’autres choix que de fuir Mossoul pour Dohuk au Kurdistan où ils sont restés 10 jours puis pour Erbil qu’ils ont quittés à son tour au bout de six jours. Ils ont été conduits à fuir Erbil quelques heures à peine avant l’arrivée de Daech.

Un degré insuffisant de parenté avec le cousin en Australie pour obtenir l’asile

Après maintes pérégrinations, Haïfa et sa famille ont réussi à s’installer à Beyrouth avec l’espoir que le séjour ne serait que provisoire. Caritas les aidait au début avec 200 dollars par mois mais l’aide a cessé. Un cousin de la famille vit en Australie alors ils ont fait une demande d’asile pour l’Australie. Mais le degré de parenté était insuffisant pour que la demande soit acceptée.

Ils ont également fait une demande pour les Etats-Unis mais la réponse n’est pas venue. Reconstruire leur vie en Allemagne ou en France est également un rêve. Les enfants d’Haïfa apprennent le français. La famille dit avoir obtenu un premier examen de leur demande d’asile en France par l’Ambassade de France au Liban. La réponse définitive à la demande d’asile se fait toujours attendre. Haïfa pense que beaucoup d’Irakiens ont fait la même demande et attendent également une réponse. Elle explique qu’elle doit trouver un sponsor en France pour être acceptée, elle et sa famille.

Autrefois directeur de clinique, son mari est aujourd’hui concierge

Elle se dit capable de travailler comme professeur d’anglais. Son mari était infirmier en Irak ce qui pourrait être intéressant au regard de l’état des besoins en Europe. Auparavant à Mossoul, son mari possédait son propre centre médical. Il travaille aujourd’hui comme concierge loin de Beyrouth. Elle ne le voit qu’un jour par mois. En effet, l’appartement dans lequel il vit est si petit qu’il ne peut héberger qu’une personne. C’est la raison pour laquelle elle et son mari sont obligés de vivre séparément.

Le dévouement dans l’aide à sa communauté

Haïfa a un gros cœur, aussi gros que celui qui orne son chandail. Haïfa consacre aujourd’hui tout son temps comme volontaire bénévole à aider des réfugiés irakiens, dont certains très fragiles, qui ont du fuir aussi. Elle m’a présenté trois de ces familles.

@ S Paradis Lebanon 2019 7
29 Mars 2019: Mariam 13 ans, fille d’Haïfa, dans la cuisine communautaire que la famille partage avec une autre famille irakienne, quartier de DEKWANA, RAJ Beyrouth, Liban

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